Centre des premières heures de la lutherie

Aux XVIe et XVIIe s., les maisons royales et princières d’Europe passent des commandes d’instruments pour des orchestres entiers. Des luthiers appartenant aux familles Amati, Guarneri, Ruggieri ou Bergonzi et, bien sûr, Antonio Stradivari marquent l’âge d’or de la lutherie crémonaise.
Après le décès de Stradivari, l’importance dont jouissait Crémone en tant que centre de lutherie s’amenuise rapidement. Ce n’est que depuis les années 1950 qu’elle rayonne à nouveau, en grande partie grâce à la fondation de l’école de violon internationale, de fédérations et de consortiums et à la création de musées.
Aujourd’hui, près de 200 luthiers vivent à Crémone et environs

Andrea Amati, premier représentant d’une dynastie de luthiers et fondateur de la tradition luthière de Crémone, est une figure clé de la fabrication de violons.
Les modèles qu’Amati a dessinés se distinguent des violons connus auparavant par une forme insolite. On lui attribue également l’élaboration d’une méthode de construction sur un «moule interne» qui s’est imposée à Crémone puis dans toute l’Italie. Les modèles d’Amati ont été perfectionnés par ses fils et leurs propres élèves pendant plus de deux siècles par de subtiles modifications.
Parmi les pièces d’Andrea amati, certaines arborent les armoiries du roi de France Charles IX ainsi que sa devise: «Pietate et Iustitia» (Piété et Justice).

Antonio Stradivari (ca. 1648-1734)
Il est probable qu’Antonio Stradivari ait été formé à son artisanat chez Nicolo Amati (1596-1684), le petit-fils d’Andrea Amati). En près de 70 ans d’activité, il a eu le plaisir de construire plus de 1000 instruments, dont environ 650 sont conservés. Les instruments de la période dorée (d’env. 1700 à env. 1720), en particulier, sont considérés comme l’apogée de l’art luthier.
Copie d’une lettre envoyée par Ferdinando de Medicis à Antonio Stradivari en 1690:

«Il y a quelques jours, j’ai offert les deux violons et le violoncelle au prince de Toscane et je puis vous assurer que ceux-ci l’ont enchanté à un point tel que jamais je ne me serais laissé à imaginer…. En guise de preuve, je vous prie de commencer sur le champ la construction de deux altos – un ténor et une viole à l’ancienne – qui ne sauraient manquer pour que le concert soit absolument parfait du début à la fin».
