L’augmentation fulgurante de la valeur du «Lady Blunt»

Ill. : «Lady Blunt», A. Stradivari, 1721, Crémone, vue de face

L’un des violons les plus précieux d’Antonio Stradivari porte le nom de son ancienne propriétaire, Lady Anne Blunt, la petite-fille du poète anglais Lord Byron.

Fabriqué en 1721, l’état dans lequel il est conservé est exceptionnel. Avec le violon «Messiah», c’est le seul instrument de Stradivari encore doté de son manche d’origine. En 1864, J. B. Vuillaume fut sans doute le premier luthier à s’adonner à la restauration minutieuse et à procéder à quelques modifications sur cet instrument.

Le parcours commercial de la pièce est documenté sans faille à partir de la moitié du XIXe s. À titre d’exemple, le vendeur de violons bernois Henry Werro en a été le propriétaire pendant 18 ans.

En 1971, le fameux instrument a été mis aux enchères par Sotheby’s. La vente fut conclue à un prix record de 84 500 £.
En 2008, la Nippon Music Foundation en devint acquéreur pour 10 millions de dollars.
Seulement trois ans après cet achat, une nouvelle mise aux enchères organisée par Tarisio acta la vente à 15,9 millions de dollars.